Exposition de Clément Cogitore / Braguino

Exposition de Clément Cogitore / Braguino
  • Mercredi 11 oct – 12h à 21h
  • Le Bal - 6 impasse de la Défense
  • Tout public - Tarif réduit 4€, plein tarif 6€

Photographe lauréat du prix Le Bal de la jeune création avec l’Adagp 2017

« Au milieu du village : une barrière sépare les Braguine et les Kiline.

Vivant recluses en autarcie au bout du monde, les deux familles se sont brouillées, se haïssent et refusent depuis plusieurs années de se parler. Entre la peur des bêtes sauvages, du feu qui détruit tout, et la joie offerte par l’immensité de la forêt et de ses ressources, enfants et adultes tentent tant bien que mal de vivre ensemble : un projet politique à l’épreuve de la taïga. » Clément Cogitore

L’oeuvre de Clément Cogitore se situe entre documentaire, art contemporain et cinéma. Mais un élément fédère la pluralité des pratiques de ce jeune artiste né en 1983 : son questionnement sur les pouvoirs de la vision et le potentiel métaphysique des images.

Braguino est le nom d’un petit village aux maisons de bois entouré par la forêt, en Sibérie, où vivent encore aujourd’hui en autarcie deux familles issues d’une communauté de vieux-croyants orthodoxes, refusant l’autorité de l’état et de l’église et dont l’histoire remonte au temps des tsars.

Clément Cogitore fera le long voyage qui mène chez eux, à la recherche de cette « communauté impossible » et recluse. « Il m’importe de raconter cette micro-civilisation, de la documenter » explique l’artiste, qui créera au BAL une installation conçue comme une forêt photographique et filmique. Le spectateur sera invité à « vivre une expérience de la sensation, une traversée d’un monde où le paysage, le végétal, l’humain et l’animal cohabitent dans un ensemble chaotique, brutal, libre et lumineux ». Serait-ce là un paradis perdu ou bien un projet politique, une utopie du vivre-ensemble à l’épreuve de la nature et de l’altérité ? Le Jury a voulu rendre hommage par ce prix à la justesse et à l’audace d’un tel sujet aujourd’hui. Il a également été sensible à la sincérité de l’engagement de l’artiste : « Enfant, j’ai grandi dans une forêt, un peu à l’écart ; et cela m’aide à m’approcher de la communauté imprévisible et parfois violente des enfants qui grandit sur les îles du fleuve » précise Clément Cogitore, soulignant la dimension intime d’une telle entreprise.

Léa Bismuth

Photo par © Clément Cogitore